2015/07/03

passe oiseau passe ...

©agnesAL

Plutôt le vol de l’oiseau qui passe sans laisser de trace,

que le passage de l’animal, dont l’empreinte reste sur le sol.

L’oiseau passe et oublie, et c’est ainsi qu’il en doit être.

L’animal, là où il a cessé d’être et qui, partant, ne sert à rien,

montre qu’il y fut naguère, ce qui ne sert à rien non plus.


Le souvenir est une trahison envers la Nature,

parce que la Nature d’hier n’est pas la Nature.

Ce qui fut n’est rien, et se souvenir c’est ne pas voir.


Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer !
Fernando Pessoa

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[07]JUILLET < calendrier perpétuel /agnes al


©agnesAL

2014/10/27

night in white satin\ if love exist...

©agnesAL

Nights in white satin
Never reaching the end
Letters I've written
Never meaning to send

Beauty I've always missed
With these eyes before 
Just what the truth is
I can't say any more

'cause I love you
Yes I love you
oh oh oh I love you

Gazing at people
Some hand in hand
Just what I'm going through 
They can understand

Some try to tell me 
Thoughts they cannot defend
Just what you want to be 
You will be in the end

And I love you

2014/10/23

[] triste comme un coucher de soleil [] FERNANDO PESSOA

©agnesAL

Je n'ai jamais gardé de troupeaux, 
Mais c'est vraiment tout comme. 
Mon âme ressemble à un berger, 
Elle connaît le vent et le soleil 
Et marche la main dans la main avec les Saisons, 
Poursuivant son chemin et regardant. 
Toute la Paix de la Nature sans les hommes 
Vient s'asseoir auprès de moi. 
Mais je suis triste comme l'est un coucher de soleil 
Pour notre imagination, 
Lorsqu'au fond de la plaine le temps fraîchit 
Et que l'on sent la nuit entrer 
Comme un papillon par la fenêtre.
FERNANDO PESSOA

2014/08/30

[Silences et Correspondances] summer2014_08/

©agnesAL
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

2014/04/08

Voici le songe . . . F. PESSOA

HORIZON

Ô mer antérieure à nous, tes frayeures
Recelaient coraux, plages et fôrets.
Forcés tous les secrets de la nuit, de la brume
Serrée,  des tourments endurées, du mystére,
Le Lointan s’ouvrait, fleur, et le Sud sidéral
Resplendissait sur les nefs de l’initation.

Ligne sévere de la lointaine côte
Quand la nef s’en approche, la falaise se dresse
En arbes là même  où le Lointain n’avait rien;
La terre, de plus près, se déploie: sons, couleurs;
Enfin, quand on débarque, il y a oiseaux et fleurs
Là où de loin n’était rien que l’abstraite ligne.

Voici  le songe : voir les formes invisibles
De la distance vague, et, par de fort sensibles
Élans de l’espérance et la volonté,
Quérir sur la froide ligne de l’ horizon
L’arbre, la plage, la fleur, l’oiseau, la source
Les baisers mérités de la Vérité.

PAYSAGES DE FERNANDO PESSOA

©agnesAL